Préparer la transition énergétique sur nos territoires

La loi de transition énergétique pour la croissance verte du 18 aout 2015 fixe l’objectif d’abaisser à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2025.
Pour rappel, la part du nucléaire représente 77% de l’énergie, le solaire 4%, l’éolien 3%, charbon 2%, hydraulique 5%, gaz 7%.

La semaine dernière, Monsieur Le Ministre Nicolas Hulot, a annoncé que cet objectif n’était pas réalisable. Je salue son courage et son réalisme.

L’autorité de sûreté nucléaire ne rendra son avis sur la prolongation des centrales atomiques au-delà de quarante ans qu’en 2021. L’Etat doit donc prendre en charge ses responsabilités afin de fixer sa politique énergétique via la programmation pluriannuelle de l’énergie et définir un calendrier et le nombre de réacteurs à fermer.

Il est nécessaire d’identifier les technologies et métiers indispensables au fonctionnement de la filière énergétique à court, moyen et long terme.

Par exemple la France possède le deuxième « gisement de vent » en Europe, une énergie verte, « décarbonée » et non polluante. Mais aujourd’hui ce potentiel n’est pas exploité et les pays européens comme le Danemark, la Belgique, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, concentrent à eux seuls 90% de l’éolien en mer en Europe. Le parc éolien français ne se place ainsi qu’au 4ème rang derrière l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni. De même au niveau des fabricants les européens Vestas (Danemark), Siemens (Allemagne), Gamesca (Espagnol) se retrouvent dans le top 10 des fabricants d’éoliennes, alors qu’aucune entreprise française ne s’y trouve. Le potentiel de la France est encore énorme.

Je suis favorable à la création et au développement d’une filière industrielle structurée éolienne en Normandie. Cependant le développement ne doit pas se faire de manière fractionnée, avec des morceaux distants de plusieurs kilomètres et sans cohérence avec le potentiel de notre région. Il faut prendre en compte l’impact visuel pour nos habitants, éviter la juxtaposition des parcs les uns à côté des autres, trouver une harmonie avec le paysage, associer les citoyens à la possibilité de prendre des parts sur les installations. Sans oublier la structuration des filières de remplacement technologique, on parle de plusieurs dizaines de milliers d’emplois.

Il est également nécessaire de sécuriser l’achat de ressources, d’identifier des sous-traitants qualifiés et fiables, qui ont une démarche éthique et responsable vis-à-vis des impacts de leurs activités sur la société et l’environnement.

Il est donc là, question d’écrire une politique industrielle énergétique avec une vision long terme et s’inscrivant dans une dimension Européenne.

Pour réussir cette transition énergétique, nous devons accompagner nos territoires en associant les acteurs locaux pour déployer ces modes de productions, comme par exemple la biomasse.

La transition énergétique en France est bel et bien en marche !