Vendredi 30 novembre dernier, j’organisai une conférence sur le réemploi des textiles en Normandie. Celle-ci, placée sous le Haut Patronage du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, fut l’occasion pour nous d’échanger sur de très nombreux sujets.

Je vous remercie sincèrement d’avoir répondu favorablement à mon invitation. Pour notre débat, nous avions choisi un titre singulier : au regard du concept d’économie circulaire, comment boucler la boucle du textile en Normandie. Ainsi, en organisant cette soirée, j’ai souhaité vous proposer un tour d’horizon des initiatives qui sont mises en place pour concilier le développement durable, l’économie de proximité et l’usage responsable des matières premières, dans le domaine du textile.

Il nous a semblé pertinent de s’intéresser au secteur textile, pour différentes raisons. D’abord parce que, si nous réfléchissons à échelle mondiale, l’industrie du textile est la seconde plus polluante au monde. 80 milliards de vêtements sont produits chaque année, soit 4 fois plus qu’il y a 20 ans. Pour comprendre la pollution engendrée par la chaine logistique du textile, de l’amont à l’aval, je vous citerai un exemple, celui de l’indémodable et indétronable jean. En France, chaque année, ce sont 85 millions de ces pantalons qui sont vendus : or, pour sa production, le pantalon jean nécessite à lui seul de 7 000 à 11 000 litres d’eau soit l’équivalent de 185 douches ! Par ailleurs, nous devons rappeler qu’avant d’être acheté par le consommateur, le jean peut faire plus de 1,5 fois le tour de la Terre.

Un débat pour répondre aux questions de notre temps

Ce débat se composait de trois tables-rondes : « comprendre », « agir » et « accompagner. » Pour les animer et répondre à vos questions, nous avons réuni des acteurs issus des sphères institutionnelle, associative et industrielle. Nous l’avons vu, les actions de promotion d’un modèle circulaire sont vastes et je remercie chacun de s’être déplacé pour partager son expérience et ses perspectives.

Si nous adoptons à présent un point de vue local, il faut reconnaître que la Normandie possède une grande histoire liée au textile. Qui parmi les Fécampois ignorent encore le nom des établissements Couturier, qui parmi les Bolbécais ne se rappelle de l’usine Desgénétais ? En organisant cet événement, je tenais à réaffirmer que nous, élus politiques, devons nous positionner clairement par rapport aux impacts humains, sociaux, environnementaux, sanitaires qu’engendre le modèle d’économie linéaire. Nous ne pouvons l’accepter, nous devons soutenir ses alternatives et assurer leurs développements, leurs réussites au long terme. C’est en ce sens que je me suis engagée en politique.

Je soutiens l’idée que nous devons appuyer politiquement les entreprises et les associations qui s’engagent vers un modèle d’économie circulaire, afin d’impulser l’élan nécessaire à son adoption généralisée par l’ensemble des filières.

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